Préserver et mettre en valeur notre patrimoine naturel

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18 février 2021

Depuis plus de 40 ans, les Conservatoires d’espaces naturels autrement dit "CEN" préservent et mettent en valeur le patrimoine naturel et paysager autour de projets de territoires et une méthode basée sur la concertation. Au total, ce sont 3 700 sites et plus de 180 000 hectares qui sont protégés par le réseau national. Les 22 Conservatoires d’espaces naturels sont des associations à but non lucratif et d’intérêt général.

🗣️🎤Nous sommes allés à la rencontre de Christophe Lépine, Président de la Fédération des Conservatoires d'Espaces naturels. Il nous explique que leur mission suit leur devise :

"connaitre, protéger, gérer, valoriser"

Concrètement en quoi cela consiste ?

En premier lieu, il s'agit de bien connaître. Les CEN apportent des expertises scientifiques et techniques telles que des inventaires, pour définir les priorités d'intervention sur un territoire donné ou afin d'en déterminer le caractère exceptionnel qui justifierait une protection.

Afin de protéger un site, les CEN ont recours à plusieurs outils : la maîtrise foncière (acquisition), la maîtrise d'usage (location et convention de gestion) ce qui permet d'assurer une protection de long terme aux sites menacés. Christophe Lépine souligne l'utilité de ces différentes techniques :

Ce qui fait la réussite des Conservatoires d'Espaces Naturels, c’est qu'ils sont comme un couteau suisse.

Le Président rappelle que la méthode de concertation tient au coeur des projet de territoire qui sont portés par les CEN au travers des conventions de gestion :

Globalement les partenaires sont très pérennes, d’abord on va associer tout le monde, et s’assurer qu’on partage un projet de long terme.

La majeure partie des sites protégés par les CEN sont entretenus régulièrement. Certains sites sont gérés en interne par des équipes, d'autres par des prestataires de service, tel que des associations de réinsertion.

Dans le cadre de cette gestion, les agriculteurs sont mis à contribution dans le cadre de partenariat. En effet, 1 500 agriculteurs sont sous contrats avec les Conservatoires en intervenant sur la base de cahiers des charges négociés.

Pour Christophe Lépine :

On parie sur le fait que la conviction est plus forte que l’obligation.

Enfin, parce qu'il est important de sensibiliser le public, les CEN développent de nombreuses activités de sensibilisation à visée pédagogique. Des sorties, des découvertes, chantiers bénévoles permettent d'alerter les consciences, sur les menaces qui peuvent peser sur les trésors de leurs territoires.

Nous retiendrons ainsi cette phrase marquée d'optimisme de Monsieur Lépine qui souhaite :

Que les gens redécouvrent, aient envie de redécouvrir la nature, que ça leur donne plein d'émotions, plein de plaisir qu’ils aient envie de nous rejoindre et d’agir concrètement pour changer les choses.

Enfin , il faut souligner que le développement des territoires entraîne des aménagements qui affectent parfois de manière irréversible les milieux naturels, les espèces qui y vivent et les services écosystémiques associés. Le cadre législatif oblige l’aménageur à produire une étude d’impact qui vise à réduire, éviter et compenser les effets négatifs sur l’environnement. Cette démarche oblige l’aménageur à compenser les impacts résiduels sur la biodiversité n’ayant pu être évités ou réduits. Les CEN sont impliqués dans le processus de compensation.

En France, “l’application de la séquence ERC à des projets d’infrastructures est longtemps restée, en pratique, largement formelle et parfois théorique" (Voir Mesures de compensation et intervention des conservatoires d'espaces naturels Rapport n° 011090-01 établi MTES septembre 2017).

Pour Christophe Lépine :

Nous sommes des structures qui peuvent, quand la compensation doit être faite, contribuer à ce qu’elle soit faite le moins mal possible. (...) Nous on va garantir le foncier, il ne suffit pas de dire que pour compenser une destruction irrémédiable et éternelle d’une super tourbière, on va compenser pendant 25 ans comme le proposent certains opérateurs. Nous on veut que ce soit plus long, on va proposer des choses. On préférera toujours refuser si ce n’est pas assez long.

🎧 Le podcast :


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Charlotte & Jérôme

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